Biographie

Nat NEUJEAN est né à Anvers le 5 janvier 1923. C’est dans cette ville, au sein d’une famille originaire d’Europe centrale, établie en Belgique depuis la Première Guerre mondiale, famille nombreuse, chaleureuse et cultivée, très musicienne, qu’il fit sa première scolarité. À 14 ans, il quitte son milieu familial, occupe un atelier à Anvers où il s’initie à la sculpture, comme il le souhaitait depuis son plus jeune âge. Il est accepté comme élève libre à l’Académie des Beaux-Arts de cette ville, durant les années 1939 à 1941, où il recevra l’enseignement exigeant de grands maîtres de la sculpture et du dessin belges (Arthur Dupon, Franz Claessens,…). En 1941, les autorités allemandes exigent l’expulsion des étudiants belges d’origine juive des lieux d’enseignement, malgré le soutien des directeurs (Baron Isidore Opsomer à Anvers). Nat Neujean quitte alors cette ville et s’installe définitivement à Bruxelles où il travaille tout en vivant dans la clandestinité. C’est de cette époque que datent ses premières commandes et ses premiers portraits.
Parc Duden, 1952
Parc Duden (1952) en précence de la reine Elisabeth de Belgique.

Après la guerre, il s’établit, de 1946 à 1947, à Paris où il se consacre à l’étude de l’anatomie à l’École des Beaux-Arts. Rentré à Bruxelles, il réalise à partir de 1950 ses premières expositions de groupe et une série de commandes officielles (villes de Namur, de Charleroi, de Bruxelles). C’est à la même époque qu’il est engagé comme conseiller artistique à la Manufacture de Céramique et Porcelaines CERABEL à Baudour, où il exécute diverses compositions en biscuit (dont une « Eve » de deux mètres de hauteur).

L'atelier Avenue de l'orée

L’atelier à l’avenue l’Orée (1959), Bruxelles.

Fortement éprouvé par les horreurs de la guerre 40-45, il commence les études préliminaires à « la Mémoire de la Déportation » à laquelle il consacrera une grande partie de son oeuvre. Les victimes de l’Holocauste resteront omniprésentes dans son travail, offrant une image bouleversante de ces figures fantomatiques, destinées à la destruction totale.

Indépendamment de ces oeuvres de création, il réalisera de nombreux portraits, dont les derniers datent des années 2008-2009, ainsi que des médailles.

L'atelier avenue chaltin

L’atelier Chaltin (1977), Bruxelles.

Après cette exploration douloureuse des tragédies du XXe siècle, il aborde d’autres thèmes à partir des années 60 : la beauté et l’harmonie du corps féminin dans ses mouvements et ses formes généreuses, la relation empathique entre personnages désemparés, recherchant soutien tendresse et réconfort.

Cette oeuvre déjà abondante et multiple, fidèle sans compromis à la figuration, attire l’attention des grandes galeries d’art américaines, également impressionnées par la qualité technique de ses bronzes cire perdue. Une première exposition à New York (1964) est suivie d’une rétrospective au Musée des Beaux-Arts de Boston (1964) et d’une invitation à enseigner comme professeur étranger à la Fine Art School de l’Université de Boston.

L'atelier à Florence

L’atelier à Florence (Italie) 2003

Par la suite, les sculptures de Nat Neujean seront exposées tout au long de la 2e moitié du XXe siècle à Washington, Chicago, Dallas, Houston, Palm Beach, Detroit,… (États-Unis), à Toronto, Montréal (Canada), en Australie. La Belgique, les Pays-Bas,la France, l’Italie, l’Angleterre lui ont consacré à de nombreuses reprises, des expositions personnelles, ainsi que collectives avec des artistes de renom.

Sur le plan technique, Nat Neujean a réalisé quelques oeuvres en biscuit, en pierre et en marbre de Carrare, mais la quasi-totalité de ses sculptures sont en bronze cire perdue.

Fonderie à Milan

La fonderie à Milan (1960).

Les premiers fondeurs auxquels il a fait appel étaient les Frères Battardi, établis à Bruxelles. Après leur décès, Neujean a travaillé exclusivement depuis 1955 avec la Fonderia d’Arte De Andreis à Milan (Italie) où il a retrouvé les grands sculpteurs italiens (Manzù, Marino Marini, Greco, Negri,…). Un lien indéfectible l’a toujours lié au père puis aux fils De Andreis, en raison de leur sens artistique, leur compétence, leur fidélité et leur respect pour l’artiste. Nat Neujean est marié au docteur en médecine A. Gallez (professeur honoraire à l’Université libre de Bruxelles) ; ils ont deux fils, Martin Styliste et Bertrand peintre et portraitiste (cf. Bertrand NEUMAN : Faces, éditions Art in Belgium, 2004).

Nat Neujean est élu membre de l’Académie Royale de Belgique en 1972, et directeur de sa classe en 1978. Il est élu membre correspondant de l’Accademia Nazionale di San Luca di Roma en 1995. Il est Grand Officier de l’Ordre de Léopold et Grand Officier de l’Ordre de la Couronne.

Réception à l'Académie Royale de Belgique

Réception à L’Académie Royale de Belgique en présence du roi Baudoin et de la Reine Fabiola

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L’atelier du sculpteur à Uccle en 2011